• Voici une très belle pièce qui a récemment rejoint ma petite collection :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    Ce très beau fusil est un revenant de "l'année terrible" et des combats désespérés contre l'invasion prussienne. Comme vous allez le voir, c'est un témoin.

    Ce fusil, qui s'appelle un two bands short rifle Enfield Snider, provient de la collection d'un bon copain. 
    (On ne dit peut-être pas suffisamment, mais entre collectionneurs, les échanges sont assez courants)

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    Il a été fabriqué neuf par la Birmingham Small Arms Company (B.S.A. Co) en 1869.

    Neuf, car au départ les Snider sont la transformation au chargement culasse des Rifle Pattern 1853 et Short Rifle Pattern 1860.

    Il est de fabrication civile pour l’énorme marché existant alors dans l’Empire Britannique. Aux marquages près, le fusil est totalement identique aux armes réglementaires. Il est d'ailleurs poinçonné WD pour War Department = ministère de la guerre ...

    Ce fusil est un témoin de notre Histoire, celle qui s'écrit avec un grand H, car il y a été mêlé de très près :

    « Le 19 juillet 1870, la guerre Franco-Prussienne éclate. 

    Le 1er Septembre 1870, à la bataille de Sedan l’Empereur Napoléon III est capturé : chute du Second Empire. 

    Le 4 Septembre à Paris, un Gouvernement Républicain dit "de La Défense Nationale" se met en place et décide de continuer la guerre et de chasser les Prussiens. On sait comment tout cela finit.

    La France manquait d’armes pour équiper ses bataillons de Mobiles de "la levée en masse" et il fut décidé d’acheter massivement tout ce qui était disponible à l’étranger.

    Parmi les très bonnes armes importées, on acheta en Angleterre plusieurs milliers de fusils Enfield Snider dans les versions longues et courtes. »


    Mon fusil est l’une de ces armes qui furent importées en urgence. Il fut certainement débarqué au port du Havre car on l'a d'abord marqué à la crosse d’un tampon circulaire profondément appuyé : 

    VILLE DU HAVRE

    entourant un M majuscule, puis, dans un second temps, du matricule 450 d'enregistrement en corps de troupe :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    L'Armée française, qui supportait pas les aciers ternes, noirs et bronzées, l'a fait entièrement astiquer poli brillant, exactement comme un fusil Chassepot.

    Il ne reste que des traces de ce bronzage noir sur la queue de culasse et la hausse. Le dessous du canon est resté bien noir …

     

     *********************

     

    Examinons ce Snider de plus près.

    Voici un schéma du mécanisme d'un fusil Snider :
    (Source : https://histoires-du-canada.blog4ever.com/)

    The Two Bands Short Rifle Enfield Snider ... de la Défense Nationale

    La platine avec le marquage du fabricant B.S.A.C.o et son millésime de fabrication :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    Voici l'intérieur de la platine. Comme on le voit, elle est parfaitement classique : grand ressort en avant, ressort de détente en arrière, bride de noix à deux piliers. Seul élément "moderne" la chainette qui relie le grand ressort à la noix :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    Le système Snider, d'origine américaine, se compose d'une culasse à clapet dont l'axe est parallèle au canon. 

    La culasse comporte une tige rappelée par un ressort, le percuteur. Ce percuteur est actionné par le choc du chien agissant à la manière d'un marteau. Une encoche de la chambre laisse le passage à un extracteur actionné en reculant le clapet de culasse.

    Voici la culasse Snider fermée et chien à l'abattu. Il s'agit d'une culasse du premier type :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    La culasse ouverte.
    Sur la queue de culasse, on remarque qu'un restant du bronzage d'origine a échappé aux astiqueurs de 1871.
    A noter le numéro 926 poinçonné sous le clapet de culasse. Ce matricule a été apposé par l'ouvrier tourneur-fraiseur qui a fabriqué l'ensemble culasse - boîte de culasse :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider 

    Les marques de la B.S.A.Co et le patent de Snider, dont le S enfilé d'une flèche:

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    Le canon, la boite de culasse et la culasse vus de dessous. Le bronzage d'origine est bien présent. On remarque le poinçon WD pour War Department et à nouveau le numéro 926 frappé sous le guide et sous l'extracteur :

    The Two Bands Short Rifle Enfield Snider ... de la Défense Nationale

    Les différents éléments de la culasse mobile du Snider :

    The Two Bands Short Rifle Enfield Snider ... de la Défense Nationale

    Les poinçons de réception du canon, poinçon d'épreuve Anglais et poinçon d'attestation du calibre en balles à la livre, ici : 25.

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider 

    La hausse, quasiment la même que sur les Chassepots :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider 

    Le canon est au calibre de .577 (millièmes d'inches)
    Les 5 rayures du canon sont au pas de 1,16 mètre. Ici, on voit qu'il n'y a ni corrosion ni usure :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider 

    La contre-platine n'existe pas, les vis de fixation sont simplement retenues par deux fortes rondelles à oreilles :

    The Two Bands Short Rifle Enfield Snider ... de la Défense Nationale

    Les garnitures, ici l'embouchoir et la grenadière. Notons que le canal de baguette porte encore la marque de l'outil :

    The Two Bands Short Rifle Enfield Snider ... de la Défense Nationale

    La capucine. Contrairement aux armes françaises qui utilisent des ressorts, les garnitures anglaises ne sont retenues que par leur serrage sur la monture :

    The Two Bands Short Rifle Enfield Snider ... de la Défense Nationale

    L'ensemble sous garde - pontet. L'anneau de bretelle est vissé dans la crosse et traverse la sous garde :

    The Two Bands Short Rifle Enfield Snider ... de la Défense Nationale

    La plaque e couche retenue par trois fortes vis à bois :

    The Two Bands Short Rifle Enfield Snider ... de la Défense Nationale

    Le fusil a été livré à la France accompagné de sa bayonnette :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    La bayonnette fixée au canon :

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    Mon Two Bands Short Rifle Enfield Snider

    Pour nos hommes, cette bayonnette n'était pas une nouveauté puisqu'elle possède les mêmes dimensions que la bayonnette de nos Chassepots. On reste dans le même genre : forme, fixation et verrouillage sont identiques, hormis le fourreau en cuir à garnitures en fer et la poignée en cuir noir comprimé.

     

    *********************

     

    Dans son ensemble, le fusil est resté dans son état de 1871.

    Pour une raison inconnue, car son matricule 450 atteste de son enregistrement en corps de troupe, il aurait dû être distribué à un bataillon de l'Armée du Nord. Mais il n’a sans doute jamais été au combat : l'arme est restée neuve.

    Il n'y a aucun jeu à la culasse, ni à la platine, ni à la hausse. Le canon est miroir. Seuls la plaque de couche et la monture ont reçus quelques chocs.

    J'ai dû remplacer le percuteur qui avait été anciennement cassé (ou raccourci dans un but de "sécurité"). J'ai pu me procurer un percuteur d'origine. Et aussi une culasse complète, avec ressorts, axes, etc ...

    Il me reste à lui trouver des étuis et les outils de rechargement, et aussi un moule pour une balle adaptée.

    Car, de même que toutes les armes de ma collection, il est destiné à tonner et, s'il le mérite, à participer aux concours et challenges du circuit des armes anciennes.

    A bientôt

     


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  • Depuis 1821, les officiers d'Infanterie étaient porteurs d'un très beau sabre dont nous avons présenté un exemplaire ici.

    Cependant, les sabres Mle 1821 accusaient un certain manque de solidité. En particulier la lame, très élégante, mais plutôt fragile. Aussi en 1845, on adopta un nouveau sabre, plus compact et dont la lame presque droite était plus solide.

    Ce sera le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1845.

    La poignée est en corne noire filigranée. La monture se compose d'une calotte courte et d'une garde (ou arc de jointure) à 3 branches accolées ne se séparant que pour former un plateau puis se réunissant à nouveau en quillon enroulé. Le plateau est asymétrique, débordant franchement à gauche sur 4 cm et de 2 cm à droite. Le décor se compose de feuillages enroulés, de lauriers et de fleurettes ajourés.

    Les Sabres Mle 1845 recevront un fourreau en cuir noir à 3 garnitures : chape, bélière et bouterolle, la chape et la bélière étant munis d'un anneau de suspension.

    Le sabre sera décliné en 2 versions légèrement différentes :

    - Le Sabre d'Officier Supérieur d'Infanterie.
    Pour les officiers à partir du grade de Commandant.

    Garde en bronze doré, lame droite à deux gouttières, longue de 86 cm.

    - Le Sabre d'Officier Subalterne et d'Adjudant d'Infanterie.
    Pour les officiers jusqu'au grade de Capitaine et pour les Adjudants et Adjudants-Chef.

    Garde en laiton poli, lame légèrement courbe (flèche d'1 cm) à une gouttière, longue de 77 cm.

    Voici un Sabre d'Officier Subalterne Modèle 1845.
    Celui-ci a été fait par la Maison Coulaux à Klingenthal. Il s'agit d'une commande privée :

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    Ces sabres seront bien accueillis, mais leurs fourreaux de cuir montreront leur fragilité. 

    Un fourreau en tôle d'acier, portant deux bracelets pour anneaux de bélière, viendra le remplacer et l'arme sera désormais désignée comme le Sabre Modèle 1845/55. Les Adjudants d'Infanterie conserveront leur fourreau en cuir.

    Voici mon Sabre d'Officier Subalterne Modèle 1845/55 :

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    Un fourreau en acier poli blanc vient remplacer l'ancien fourreau en cuir.

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    La poignée en détail. 
    L'arc de jointure est composé de 3 branches accolées :

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    Les 3 branches accolées se divisent :

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    Pour former l'ossature du plateau de garde, deux branches à gauche, l'autre à droite.
    Le plateau proprement dit est composé de motifs floraux ajourés :

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    Derrière le plateau, les branches 1 et 3 se rejoignent en un quillon recourbé :

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    Le plateau de garde et ses motifs floraux ajourés :

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    Mon sabre possède une poignée en corne brune - du plus bel effet - contrairement à la plupart de ses congénaires aux poignées en corne noire ou en ébène.
    Celui-ci a été fait par la Manufacture Impériale de Châtellerault.

    Aux côtés des Sabres 1821, les Sabres Mle 1845 et 1845/55 seront intensément utilisés pendant les différentes campagnes du Second Empire, y compris durant la guerre de 1870-71.

    Après la guerre, les sabres Mle 1845 resteront d'usage courant. En 1882, ils perdront leur deuxième anneau de bélière.
    Le fourreau d'acier poli sera généralisé au fur et à mesure du remplacement des fourreaux en cuir.

    Ce sabre servira encore pendant la Grande Guerre, toujours fabriqué par la Manufacture de Châtellerault ou par des entreprises privées.

    D'une grande élégance, les sabres 1845 auront une belle longévité, ce qui n'est que justice car ce sont vraiment de très belles armes. Témoins de nombreuses campagnes, ces armes racontent l'histoire à leur façon. Pour qui sait prendre le temps de les scruter, elles sont toujours source d'admiration et de respect pour ceux qui les ont portées. 

    Longtemps fabriqués et en grand nombre, on les trouve de nos jours très aisément et pas (encore) trop cher.

    Alors ... à quand le vôtre ?

    Sabres d'Officier d'Infanterie Modèle 1845/55

    À bientôt.


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  • Après plusieurs mois de calme, nous voici de retour avec une rareté : la carabine de botte.

     

    L'appellation de " carabine de botte " évoque ces armes longues qui étaient tolérées chez les officiers en tant qu’arme personnelle.

     

    Ces armes étaient portées dans un étui en cuir suspendu à la selle juste devant la jambe droite et descendant au niveau de la botte. D’où son appellation. Elles étaient destinées autant à la défense personnelle qu’à améliorer le repas au bivouac … lièvre ou faisan, renard ou marcassin.

     

    Certainement beaucoup plus utile que la paire réglementaire de pistolets 1833, 1836 ou 1842, armes magnifiques, mais … complètement inutilisables au-delà de 20 - 25 mètres. Et encore, s'agissant d'un très bon tireur.

     

    Une Carabine de Botte

     

    Cette petite carabine a été faite dans les années 1860 - 1865 par Etienne VERNAY (ou VERNEY), armurier à Saint-Etienne (apparenté à Claude VERNEY-CARRON, le fondateur de la maison bien connue)

     

    Voici sa description.

     

    L’arme est toute petite : 1,01 mètre.

    Et très légère : 2,75 kg.

     

    Le canon.

    Il est en fer, forgé en damas, octogonal, long de 57,8 cm. 

    Fixé à la monture par une clavette plate et par un crochet prenant sur la fausse culasse.

    Le canon est rayé de 4 rayures plates, larges de 4,8 mm. Le pas des rayures est de 1,30 mètre.

    La longueur rayée est de 56,7 cm.

    Son calibre est de 12 mm à fond de rayures et de 11,54 sur le plat.

    L'intérieur du canon est resté miroir et sans accident.

    Le poinçon des armuriers de St Etienne est frappé sous le canon, de même qu'une signature illisible (peut-être Vernay, mais ça ne colle pas trop), un poinçon ovale C, un matricule 45.

    La cheminée est vissée sur une grosse masselotte agrémentée d’une volute décorative débordant sur le haut de la platine.

    La masselotte est pourvue d’un orifice de visite fermant par une vis.

    Sous le canon est brasée une longue pièce en fer se terminant au raz de la bouche par un crochet.

    Cette pièce est destinée à recevoir la baguette de chargement, retenue par deux canaux brasés et bloquée par le crochet.

     

    Les éléments de visée.

    Le canon porte 3 éléments de visée.

    - Un large cran mire fixe en V, brasé sur la fausse culasse.

    - Une hausse réglable composée d’un pied formant cran de mire, supportant une planchette relevante portant 4 crans. 

    Aucune indication de portée. Le pied de hausse est posé à queue d’aronde sur le canon, il est donc réglable en direction.

    - Un guidon à lame, posé par queue d’aronde au bout du canon.

     

    A noter : le cran de mire fixe de la fausse culasse est totalement inutile sur ce canon, car ce cran est masqué par la hausse réglable… 

    Mais sa présence ne peut signifier qu'une chose : un deuxième canon devait exister, dépourvu de hausse, probablement lisse et destiné au tir de grenaille. En effet, le démontage du canon - donc son échange -  est l'affaire d'un instant : sortir une clavette.

     

    La platine.

    Elle est conforme à celles qui équipaient les armes de chasse du temps : ressort en avant, noix à chaînette, bride de noix enveloppante. La platine est retenue d’une part par une unique vis traversant la poignée et d’autre part par un crochet venant s’insérer dans une mortaise de fer fixée à l’intérieur de la monture  à l’avant de la platine. Ajustages dans la monture quasiment au centième de millimètre.

    La platine est marquée “VERNAY ET NE“ "A St ETIENNE“

    Le chien à tête de monstre a été anciennement réparé, une soudure du col est encore visible par l'absence de décor gravé.

     

    Les garnitures.

    Elles sont en fer et décorées de rinceaux, feuillages et volutes gravés. Y compris les têtes de vis.

    L’ensemble sous-garde - pontet mesure 29 cm de long, portant le pontet à volute.

    La pièce formant embouchoir porte également une languette à décor gravé longue de 6,5 cm.

    La baguette de chargement longue de 59 cm est en fer, conique, épaisse de 5,3 à 7,1 mm et terminée par un embout large de 11,5 cm. Cet embout comporte un creux de forme ogivale, profond de 5,10 mm. Preuve que l'arme était destinée au tir de projectiles oblongs type Tamisier. A noter que la baguette n'est pas filletée.

    L’ensemble des garnitures et son décor est conforme à la mode du temps pour les armes de chasse.

    Tous les ajustages sont extrêmement serrés.

    Il n’y a pas de bretelle.

     

    La monture.

    Est en ronce de noyer joliment veiné, d’une seule pièce. 

    La crosse proprement dite est de forme “à l’anglaise“ et porte une plaque de couche en fer.

    La monture porte plusieurs éléments en fer, invisibles lorsque l'arme n'est pas démontée : crochet de retenue de la platine, vis de fixation de la sous-garde et de l'embouchoir.

    Ayant traversé près de 160 années, la monture présente quelques traces de coups. La patine du bois est assez atténuée à la poignée et sur le devant.

     

    Conclusion.

    La fabrication de cette carabine est bien plus que soignée.

    Ne parlant pas seulement des gravures ou de la qualité du bois.

    Il s'agit d'un travail d'une très grande rigueur, il n'y a absolument pas le moindre espace entre les pièces bois et fer.

    Une carabine qui a certainement coûté très cher à fabriquer ...  

    Cette arme est restée splendide. Seuls la réparation du chien, une vis remplacée, quelques têtes de vis brutalisées et divers choc du bois témoignent de son âge et de son usage. Il est probable que le canon était bronzé brun, ce qui faisait bien ressortir le damas.

     

    Et maintenant, place au reportage.

     

    Portrait de la carabine, vue de droite et de gauche :

    Une Carabine de Botte

    Une Carabine de Botte

     

    La platine. Encastrements extrêmement serrés.

    Le chien à tête de monstre, on devine la soudure de réparation à l'absence de décor gravé.

    Sous la masselotte on voit la vis fermant l'orifice de visite :

    Une Carabine de Botte

     

    Le marquage VERNAY :

    Une Carabine de Botte

     

    L'encastrement dans le bois.

    On remarquera la mortaise en fer vissée dans la monture et recevant le crochet de retenue de la platine :

    Une Carabine de Botte

     

    L'intérieur de la platine, chien à l'abattu. La qualité de la fabrication se voit ici aussi.

    Sur ces deux photos, on comprend bien le rôle de la chaînette reliant le grand ressort à la noix.

    A l'avant du grand ressort on voit le crochet de retenue de la platine :

    Une Carabine de Botte

     

    Chien à l'armé. Rappelons que le chien est solidaire de la noix par son axe.
    En le tirant vers l'arrière par sa crête, on fait passer le bec de gâchette successivement par les deux crans de la noix : le cran de sécurité puis le cran d'armé. La photo montre le bec de gâchette au cran d'armé.

    On note que la bride de noix est maintenue par 4 vis prenant sur 4 piliers, le dernier pilier formant axe de rotation de la gâchette.

    Une Carabine de Botte

     

    La vis de maintien de la platine et sa rondelle encastrée sur la joue gauche.

    On notera qu'une vis de fixation du support de la clavette de canon a été remplacée :

    Une Carabine de Botte

     

    La hausse réglable.
    Le pied de hausse est encastré à queue d'aronde sur le canon afin d'autoriser un réglage latéral.

    Un coup de burin donne la référence du centre du canon.
    Ce pied de hausse forme un cran de mire fixe. La planchette relevable s'articule dessus.
    On voit bien les 4 crans de mire qu'il propose une fois relevé. Ce type de hausse est apparu sur les premières armes rayées.

    Une Carabine de Botte

     

    Planchette relevée. Le défaut de ce type de hausse apparut rapidement car tout réglage est impossible hormis un choix de 4 crans.
    Les hausses adoptées sur les fusils anglais Pattern 53 ou 60 puis sur le Chassepot français permettront un réglage beaucoup plus fin :

    Une Carabine de Botte

     

    Le guidon à lame, également fixé à queue d'aronde :

    Une Carabine de Botte

     

    Les marquages sous le canon.
    Poinçon C, coup de burin matérialisant l'ajustage de la culasse sur le canon, une signature illisible (peut être refrappée ?) 

    Le poinçon de réception des armes civiles de St Etienne.

    Une Carabine de Botte

     

    La beauté des assemblages, le contraste du bois et des aciers :

    Une Carabine de Botte

     

    L'embouchoir :

    Une Carabine de Botte

     

    La crosse :

    Une Carabine de Botte

     

    L'ensemble pontet-sous garde :

    Une Carabine de Botte

     

    La plaque de couche :

    Une Carabine de Botte

     

    La carabine entièrement démontée mesure seulement 62,5 cm de long :

    Une Carabine de Botte

     

    La bouche du canon, le crochet de maintien de la baguette.

    La baguette, la forme ogivale de sa tête :

    Une Carabine de Botte

     

    L'intérieur du canon et les 4 rayures :

    Une Carabine de Botte

     

    Cette carabine de botte est (bien entendu) destinée à reprendre du service.

    Il faut juste que je trace une ogive afin de commander un moule idoine.

     

    En attendant, je vous laisse l'admirer mais aussi réfléchir au savoir-faire des armuriers des années 1860 ... 

     

    A bientôt !


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  • Bonsoir à tous.

    Cette nouvelle page va nous permettre de découvrir une arme très commune mais finalement assez peu connue.

    Nous allons à la découverte du Sabre des Troupes à Pied Modèle 1831.

    Le Sabre des Troupes à Pied Modèle 1831

    Cette arme, conçue comme la réplique simplifiée du Glaive d'Artilleur à Pied Mle 1816, (Voir ici) est aussi connue comme "Glaive 1831" ou "Coupe-Choux". L'arme est destinée à remplacer le Briquet An XI qui commençait à accuser son âge, mais surtout qui n'était plus du tout à la mode.

    Car au début des années 30, nous étions toujours sous l'influence de l'antiquité romaine, initiée sous la Révolution, le Directoire et l'Empire par David notamment. On a donc conçu un glaive reproduisant la forme et les dimensions du Glaive d'Artilleur 1816 (lui-même inspiré par le Glaive d'Artillerie modèle 1771), mais en simplifiant le dessin de l'arme.

    C'est ainsi que la lame a échangé ses gouttières pour une simple arête centrale.
    Et que la poignée a abandonné ses jolies écailles en adoptant une série de cordons à la manière des sabres Briquets (Voir ici).

    Le fourreau n'a pas évolué, il est toujours en cuir cousu et muni d'une chape à pontet et d'une bouterolle en laiton. Ces garnitures sont simplement agrafées comme on peut le voir :

    Le Sabre des Troupes à Pied Modèle 1831

    La lame, très simplifiée, a conservé la forme de celle du glaive de 1816 :

    Le Sabre des Troupes à Pied Modèle 1831

    Ce sabre a été fait par la Manufacture Royale du Klingenthal en Mai 1832.
    Il est assez usé, mais toujours solide !

    Voici le marquage de la Manufacture du Klingenthal :

    Le Sabre des Troupes à Pied Modèle 1831

    Le marquage de la date et les deux poinçons de réception C et B :

    Le Sabre des Troupes à Pied Modèle 1831

    Les sabres Mle 1831 vont être fabriqués jusqu'en 1860.
    Comme nous l'avons vu, fabriqués par la Manufacture Royale de Klingenthal, puis après 1835 la Manufacture Royale de Châtellerault, mais aussi par l'industrie privée : Talabot et Pihet Frères notamment.

    Les sabres Mle 1831 vont équiper les compagnies de Voltigeurs et de Grenadiers des Régiments d'Infanterie, mais aussi certains Sous-Officiers.

    L'arme est assez lourde et très courte :
    66 cm avec le fourreau
    64 cm lame nue
    1,36 kg avec fourreau
    0,98 kg lame nue

    En fait, elle a été conçue autant comme arme que comme outil de campement, bien commode pour couper le bois pour confectionner des fascines et des gabions, ou tout simplement pour le feu au bivouac.
    Il sera adopté également par les Compagnies de Sapeurs-Pompiers, mais ceux-ci vont rapidement demander un modèle moins ... encombrant. Nous en reparlerons.

    Jusqu'à présent, le Sabre des Troupes à Pied Modèle 1831 reste accessible car il fut fabriqué en très grand nombre. Il se trouve facilement sur les sites dédiés ou en bourses, ou l'on peut en acheter (sans fourreau) à partir de 50 euros ...

    Cette arme est très caractéristique de notre infanterie de la Seconde Restauration jusqu'au Second Empire ou on la rencontrera encore chez nos "Moblots" de La Défense Nationale. 

    Il faudrait ajouter que l'arme sera abondamment copiée. En Suisse, en Russie et aux USA notamment.

    En conclusion, le "1831" est une belle arme, d'un bon équilibre de formes, de couleurs et de matières. 

    Nous retrouverons bientôt la suite de cette présentation avec ses successeurs ...

     


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  • Rebonjour à tous !

    En cette presque veille de Noël, voici le cadeau qu'une jolie petite fiancée à offert à un beau Sous-Lieutenant. Nous étions alors en 1825, sous le règne du roi Charles X.

    Le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821

     

    Il s'agit d'un Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821 et qui a été commandé auprès d'un armurier privé. En effet, cette arme diffère par plusieurs points du modèle réglementaire.

    Le Sabre réglementaire porte un marquage officiel au dos de la lame, reprenant le nom de la manufacture et l'année de sa fabrication. Par exemple : Manuf Rle de Klingenthal - Mai 1823. Réglementairement, la lame est en acier forgé, la garde est en laiton doré et la poignée est en bois recouvert de basane noire et filigranée de laiton torsadé.

    Ici, notre jolie fiancée a choisi un sabre avec plusieurs options que nous découvrirons plus loin.

    Au final, une très belle arme qui a certainement fait grand effet auprès de notre bouillant Sous-Lieutenant. Nous gageons cependant que les yeux brillants et les douces lèvres de la future épousée ont constitué des arguments également convaincants en tant que preuves de tendresse ...

    Pour finir, le beau cadeau de Noël 1825 est resté dans la famille de notre Sous-Lieutenant, lequel a fini sa carrière en 1859 au grade de Colonel, cinq fois blessé, 9 fois décoré, et en 1855 fait Chevalier de la Légion d'Honneur sous Sébastopol. Il décèdera en 1879, dans son lit, veillé par ses 6 enfants et ses 15 petits-enfants. Il y a belle lurette qu'il a oublié son cadeau de Noël, abandonné dans un coin du grenier. Et c'est tant mieux pour nous, car l'arme est restée quasiment dans son état d'origine. Dans les années 60, il a fini par être vendu entre un vieux piano et un service à café au détour de la succession de l'un de ses descendants. Et, bien plus tard, par atterrir chez moi pour mon plus grand plaisir.

    Comme quoi, les beaux yeux d'un Sous-Lieutenant de 1825 ont eu des effets à long terme ...

    Mais revenons à cette belle arme.

    Le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821

     

    Le fourreau est complet, pas desséché ni décousu. Il a juste été plié durant pas mal de temps, mais comme il est resté bien souple, il n'y a aucune déchirure. Il est du modèle à deux garnitures, la chape et son bouton en forme d'écu, et la bouterolle. Le fourreau est en cuir noirci et cousu, il est sobrement agrémenté de deux minces filets en creux. Mais surtout, il existe encore !

    La chape et son bouton de suspension. Un remarquable état de conservation :

    Le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821

     

    On ne peut qu'être séduit par l'équilibre des formes de l'arme, tout autant que par le jeu contrasté des matières et des couleurs. Une très belle réalisation :

    Le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821 

    La poignée est magnifique. Un laiton rosé du plus bel effet, galuchat gris et filigrane tressé : il s'agit d'un travail artisanal très soigné. On remarque la discrète branche de garde naissant à la deuxième moitié de la garde et venant rejoindre le plateau en son milieu. Le goût des armuriers français a été souvent une marque d'excellence :

    Le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821

    Le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821

     

    Le plateau de garde est creux comme on peut le voir ici :

    Le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821

     

    Pour terminer notre description, voici quelques images permettant de comparer notre arme avec un autre sabre 1821.
    Le modèle ce cette présentation est celui du bas de la photo. La flèche de la lame est moins prononcée autant que le module de la garde est plus épais. Mais cependant, il s'agit bien de deux sabres Mle 1821 :

    Le Sabre d'Officier d'Infanterie Modèle 1821

     
    Pour finir, voici les mensurations du sabre :

    Longueur totale avec fourreau : 95 cm
    Longueur de la lame : 76 cm
    Longueur du fourreau : 78 cm
    Largeur maximum de la lame : 30 mm
    Épaisseur maximum de la lame : 8 mm
    Poids du sabre nu : 740 grammes.

    Joyeux Noël 2016 à tous et à bientôt pour de nouvelles découvertes !


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  • Voici la Marine qui s'invite sur ce blog !

    Je vous présente mon Sabre de Bord Modèle 1833
    Dans les fabrications de nos Manufactures, il remplace le Sabre de Bord Modèle AN IX dont il est fortement inspiré.
    Ce sabre a reçu le sobriquet de cuillère à pot en référence à sa garde particulière.

    Il s'agit du dernier sabre spécifiquement fait pour la Marine qui, à cette époque, était toujours en bois et à voile.
    L'assaut et la prise par abordage du navire ennemi était toujours pratiqué - c'était même un sport d'équipe pratiqué surtout dans la région de St Malo - et on avait équipé nos matelots d'armes particulières destinées à un usage en milieu confiné. C'est ainsi que le Sabre 1833 côtoyait la Hache de Bord Mle 1833 et le pistolet de Marine Mle 1837.

    Le Sabre de Bord Modèle 1833

    D'un dessin fort simple, le Sabre 1833 est compact et plutôt court, dans son fourreau il mesure 82 cm de long.

    Le Sabre de Bord Modèle 1833

    La lame est solidement établie en acier forgé. Dimensions : 68 cm de longueur, 3,7 cm de largeur et 1 cm d'épaisseur au fort. Elle est légèrement courbe avec une flèche d'1,4 cm. La lame est plate et présente une large gouttière sur les 4/5e de sa longueur.

    La lame est d'une finition glacée, présentant la particularité d'un polissage en long, sauf sur ses 7 premiers centimètres ou ce polissage est fait en largeur. L'effet décoratif est étonnant. Une belle ancre est gravée de part et d'autre de la lame, l'enjalement de l'ancre se trouvant à la limite des polissages, anneau vers la pointe.

    Une forte cravate en cuir noirci est emprisonnée entre la lame et la poignée, elle sert à amortir le choc du sabre sur le fourreau.

    Le Sabre de Bord Modèle 1833

    Le marquage réglementaire est posé au talon de la lame : Manufacture Rle de Chatelleraut Avril 1842 en cursives italiques.

    Le Sabre de Bord Modèle 1833

    La poignée est en fer forgé habillé de bois recouvert de tôle, elle présente 8 faces. La garde est en deux parties soudées, la garde proprement dite et une coquille arrondie enveloppant la poignée. Le point de rivure est classiquement au sommet. L'ensemble est peint d'une épaisse couleur noire.

    Le Sabre de Bord Modèle 1833Le Sabre de Bord Modèle 1833

    Le fourreau est en cuir noirci et cousu. Il est sobrement décoré de deux filets en creux. Il comporte deux garnitures en laiton agrafées de chaque côté. La chape porte un large pontet qui possède toujours sa patte de cuir venant se fixer au baudrier. La bouterolle se ferme par une bille en laiton.

    Le fourreau est resté souple et solide, mais on notera qu'il s'est rétracté de 3 mm dans sa longueur, preuve de son âge avancé.

    Le Sabre de Bord Modèle 1833

    Le fourreau porte un minuscule poinçon, une ancre est frappée au sommet de la chape, juste au dessus du pontet.

    Le Sabre de Bord Modèle 1833

    Magnifique témoin de notre histoire, cette arme est resté dans un état splendide. Manifestement jamais utilisé, le sabre n'a pas été aiguisé. On le trouve encore chez les professionnels de l'arme ancienne ou sur les sites d'enchères, mais peu sont restés aussi fringants.

    Le Sabre de Bord Modèle 1833

    A bientôt

     

    Le Sabre de Bord Modèle 1833

     

     

     

     

     

     

    Source image : wikipedia


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  • Voici une arme blanche très intéressante.

    Il s'agit d'un Glaive d'Artilleur à Pied Modèle 1816.
    Une arme tracée en beaucoup plus simple sur le modèle du Glaive d'Artilleur Modèle 1771, lui-même inspiré des glaives de l'antiquité romaine, période largement mise en avant sous Louis XVI, la Révolution puis l'Empire.

    Il n'en reste pas moins vrai que ce goût pour l'antiquité a traversé les années et s'est poursuivi sous la restauration.

    Glaive d'artilleur à pied Modèle 1816

    Présentant un magnifique contraste de couleurs, le noir du cuir et l'or des garnitures et de la poignée, l'arme est compacte et robuste. Son poids d'1,2 kilo devait se faire bien sentir au long des journées de l'artilleur à pied.

    Cette arme n'est pas destinée au combat. Il s'agit plutôt d'une histoire de prestige, d'un objet donnant un statut à son porteur. Il fallait montrer que l'on était dans l'élite militaire, un peu comme pour les grenadiers ou les hussards, qui portaient des armes spécifiques.

    Glaive d'artilleur à pied Modèle 1816

    Examinons-le à fond.

    Ce glaive est une arme plutôt courte et ramassée : avec son fourreau, il mesure 66 cm, la lame est longue de 48,5 cm. elle est fort large et bien épaisse : 4,5 cm au fort et 6,6 mm d'épaisseur. Elle est creusée de trois gouttières de chaque côté, destinées autant à l'alléger quelque peu qu'à la raidir. Une telle "arme" est totalement impropre à tout combat d'escrime, notamment face à un adversaire équipé d'un simple Briquet, à fortiori d'un sabre de cavalerie.

    La poignée et la garde en laiton sont coulées d'une seule pièce. La poignée est massive, plutôt destinée à de grosses mains pleines de doigts. Elle se distingue immédiatement par son décor d'écailles, son gros pommeau arrondi et un fort bouton de rivure. A l'origine, le pommeau était décoré d'une fleur de lys de chaque côté, cependant, au fil des différents régimes, celle-ci a disparu. Les glaives Mle 1816 faits après 1830 ont reçu un coq à la place de la fleur de lys. Attributs copieusement limés et effacés après 1848 ... sic transit ...

    La soie de la lame traverse la poignée de bas en haut et vient se bloquer par rivure au sommet du pommeau. Trois fortes goupilles en fer rivées traversent latéralement la poignée. Une épaisse cravate en cuir blanchi est prise entre la lame et la garde. Cette cravate est destinée à amortir le contact du fourreau avec la garde.

    Fort simple, la garde, droite, plate et symétrique, ne porte comme décor qu'un contour en relief et se termine de chaque côté par deux rouleaux. Sous cette garde sont frappés les poinçons réglementaires des Contrôleurs et Réviseurs attachés à la Manufacture Royale du Klingenthal.

    Glaive d'artilleur à pied Modèle 1816

    La lame est signée d'un côté Coulaux Frères et Cie et de l'autre à Klingenthal.

    Glaive d'artilleur à pied Modèle 1816

    Coulaux et la Manufacture d'Armes de Klingenthal.
    Le nom de Coulaux, notamment Jacques et Julien, est étroitement liée à la Manufacture de Klingenthal (en alsacien = la vallée des lames) Cette Manufacture d'abord Royale, puis Impériale puis Royale à nouveau, s'est spécialisée dans la fabrications des armes blanches : essentiellement les sabres et les bayonnettes. Il est à noter que Jacques Coulaux participera à la création de la Manufacture d'Armes de Mutzig. La Manufacture de Klingenthal sera fermée en 1835, certains compagnons seront transférés à la Manufacture de Châtellerault qui reprendra la fabrication des armes blanches réglementaires.
    Cependant, en 1838, la fabrique et ses installations est rachetée par Julien Coulaux et poursuivra la fabrication et la vente d'armes blanches réglementaires et semi-réglementaires tout au long du XIXe siècle, traversant les différents régimes politiques, survivant à l'annexion allemande de 1871 et perdurant jusqu'en 1962, rachetée par les Forges de Firminy avant de cesser toute activité la même année.

    Le Glaive d'Artilleur à Pied Modèle 1816 aura une belle descendance via l'adoption du Sabre de Troupe à Pied Modèle 1833 et des glaives type 1855. À l'étranger, la Russie, la Suisse, le Royaume de Piémont, les USA copieront largement ce glaive.

    Mais revenons à notre arme :

    Glaive d'artilleur à pied Modèle 1816

    Le fourreau Modèle 1816 en cuir comporte normalement deux garnitures en laiton munies d'un rebord à bourrelet. Ici, il s'agit d'un fourreau Mle 1831 de Sabre de Troupe à Pied : chape et bouterolle sans bourrelet ....
    La chape portant un pontet brasé destiné à accueillir un passant de cuir. Ce passant assujettissait le sabre sur un gousset porté sur le ceinturon. La bouterolle ferme le fourreau par le bas. Ces deux garnitures sont simplement agrafées au cuir du fourreau.

    L'autre côté du fourreau nous montre la couture médiane, elle aussi en excellent état :

    Glaive d'artilleur à pied Modèle 1816

    Il faut savoir que les fourreaux en cuir sont infiniment plus rares que les armes qu'ils protègent. Le cuir supportant très mal les années, sauf entretenu régulièrement. En particulier, l'habitude de vernir les fourreaux a été destructrice à long terme, l'imperméabilité qu'on pensait donner au cuir se réalisant par une progressive dessiccation. Le cuir desséché finit par partir en poudre et à se décomposer. L'inverse, c'est à dire la pourriture aboutit à la même destruction. Le cuir est une matière d'origine vivante qui a besoin d'être régulièrement entretenue, alimentée précautionneusement en matière grasse, puis astiquée de sorte que le traitement pénètre en profondeur.

    A bientôt pour d'autres découvertes !

    Chanzy


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  • Bonjour,

    Voici un Sabre Modèle 1767 composite, un "assemblage révolutionnaire" :

    Un sabre Modèle 1767 composite

    Certainement à la suite d'un accident ou elle a perdu sa lame, une poignée Modèle 1767 a été emmanchée sur une lame de récupération. Probablement celle d'un sabre de cavalerie, car très épaisse et possédant une large gouttière.

    Cette lame est fortement piquée et on n'y voit aucun poinçon ni marquage.
    (Je précise de ce n'est pas la lame d'un 1821, ni 1822 ni d'un 1845/55 )

    Gros plan de la poignée.
    Il s'agit bien d'une poignée Mle 1767 composée de deux pièces en laiton :
    - la fusée à 19 cordons et son énorme bouton de rivure
    - l'ensemble garde-croisière avec les faux oreillons et la queue en pointe de diamant :

    Un sabre Modèle 1767 composite
    Un sabre Modèle 1767 composite
    Un sabre Modèle 1767 composite
    Un sabre Modèle 1767 composite
    Un sabre Modèle 1767 composite

    Dimensions :
    Longueur totale : 84 cm
    Longueur lame : 70 cm
    Largeur lame : 3,2 cm
    Épaisseur lame : 8 mm

    Ce sabre a certainement équipé un grenadier d'une demi-brigade de la « levée en masse ».
    On avait tenté de supprimer le terme de régiment, trop connoté "royaliste" aux oreilles de certains conventionnels ...

    Ce type de sabre est de nos jours encore relativement courant, c'est même un thème de collection en tant que tel.

    Bonne visite et à bientôt.


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