• Le tir sportif aux armes anciennes - Part 2

    Continuons.

    Début 2010, je me suis mis à réfléchir à ma collection d'armes. En fait, sauf épisodiquement avec mon Gras, elle ne servait pas à tirer.
    Or, j'ai toujours apprécié le tir, dès lors que j'en avais la possibilité.
    J'ai pris mes renseignements, notamment sur des forums spécialisés, et je me suis rendu compte que tirer était non seulement possible mais encore permis, et que ça se pratiquait au sein d'un club, avec une licence de la FFT (Fédération Française de Tir)

    Mais je voulais faire du tir en utilisant une réplique moderne, car ma collection, en dehors du Gras, ne comportait pas (encore) d'arme en état de tir.

    J'ai acquis ma première arme de tir par échange. Je possédais un pistolet de Gendarmerie Mle An IX, malheureusement transformé à percussion et sur un forum, un gars me l'a échangé contre … un « U.S. Rifle Model 1841 Mississippi », une réplique italienne de chez Euroarms. Ce fusil n'était pas raide neuf mais juste rodé. Il possède un canon très épais - et lourd - au calibre .54, c'est à dire 13,8 mm rayé de 7 rayures.

    Une arme magnifique et assez lourde : 4,7 kg.

    Voici le dessin de ce fusil, plutôt un mousqueton, d'ailleurs (1,24 m) :

    Le tir sportif aux armes anciennes - Part 2

    Le fusil était fourni avec un moule minié Pedersoli et surtout un recalibreur fait aux mesures du canon. J'expliquerai plus loin l'importance de ces deux outils.

    Puis j'ai pris contact avec un club pratiquant les armes à poudre noire à 30 km de chez moi. J'ai pu rencontrer un tireur aux armes anciennes expérimenté, Vincent X., qui m'a guidé et m'a fait progresser pendant 3 ans !

    Sur les conseils de Vincent, je me suis procuré de la bonne poudre noire, de la Suisse N°2, la meilleure. Des amorces à ailettes pour fusil, 3 fois plus grosses que celles pour revolvers.

    J'ai acheté ensuite les accessoires indispensables :

    - Une baguette de chargement et de nettoyage en fibre de verre avec embouts pousse-balle, lavoir et tire-balle.
    - Une cheminée de rechange.
    - Des tubes-doses pour les charges de poudre.
    - Une balance à poudre au dixième de grain.
    - De la graisse pour graisser les ogives.
    - De l'huile d'arme en bombe.
    - Des patches de nettoyage.
    - Du dissolvant pour éliminer les résidus de poudre noire.
    - Un démonte-cheminée.
    - Un four à plomb.

    Puis j'ai commencé à couler quelques balles. C'est pas évident au début mais on finit par prendre le coup.

    J'ai pesé une quinzaine de charges de poudre, ayant auparavant pris conseil auprès de Vincent pour connaître le poids nécessaire.

    Et enfin, le grand jour est arrivé : le premier tir avec mon Mississipi.

    Je suis allé à Beaumont, j'ai posé une cible à 50 mètres. J'ai pris le fusil, un coup de patch pour déshuiler le canon, puis un coup de soufflette dans la cheminée pour dégager les éventuells bouchons de crasse.

    Je verse une charge dans le canon, je pose une balle sur la bouche du canon, je la descend à la baguette, deux ou trois coups de baguette pour bien la siéger sur la poudre.

    Je pose une amorce sur la cheminée : Le fusil est chargé et amorcé.

    Je prends la position, j'aligne les éléments sur ma cible. L'arme est très lourde, la prise de visée devra être rapide sinon, risque de crispation des bras.

    J'arme le chien. Je presse la détente.

    Le tir sportif aux armes anciennes - Part 2

    Un choc assez sec en même temps qu'une bonne détonation, la vision fugitive d'une flamme, un panache de fumée blanche.

    Je trouve ça excellent ! Vraiment excitant. Ça me plaît beaucoup.

    J'enchaîne les coups. Une série de 13 (comme en compétition) pour prendre la mesure de l'arme.

    Voici mon premier carton :

    Le tir sportif aux armes anciennes - Part 2

    Dix impacts en cible, mais pour un premier tir sur une arme inconnue, dans une discipline inconnue, c'est quand même encourageant. J'adore ça. Je sors du pas de tir complètement rincé mais super heureux.

    Je ne vais pas vous prendre le chou avec tous mes tirs les uns après les autres, mais si j'ai voulu détailler le premier, c'est que bien des choses vont changer dans ma pratique du tir, au fur et à mesure de ces tirs.

    Je vous expliquerai quelles sont les différentes disciplines que l'on peut pratiquer en armes anciennes/armes longues, car ce sont aussi des compétitions sportives avec des règles précises.

    Dans les prochaînes pages, je reviendrai également en détail sur tous les éléments du tir à l'arme longue tirant la balle à jupe, réplique ou origine.

    Nous verrons que tout a de l'importance :

    - Choix du plomb
    - Choix d'une ogive
    - Coulage des ogives
    - Graissage des ogives
    - Type et poids de poudre
    - Utilisation de la baguette pour charger
    - Corrections et contre-visées
    - Réglage des éléments de visée
    - Prise de visée
    - Position du corps
    - Utilisation de la bretelle

    Mais, avant de nous quitter, voici un petit historique du fusil Mississippi et quelques photos.

    Ce fusil sera la première arme 1/ rayée et 2/ à percussion adoptée par les USA d'après un prototype préparé en 1841 à l'arsenal de Harpers Ferry. Il sera mis en fabrication de 1844 jusqu'en 1855 à raison de 26000 à Harpers ferry et 46000 à Springfield.

    Il recevra le surnom de Mississippi au cours de la guerre de 1847 contre le Mexique ou il équipa le 1 er Régiment du Mississippi. Il fut remarqué par sa précision, sa robustesse et sa simplicité d'emploi. Il tirait alors une balle ronde sur calepin gras. Durant la guerre civile, il adoptera la balle 'minié'. Utilisé par le Nord comme le par Sud pendant ce conflit, il sera réalésé au calibre de 58 par les 'rebs' pour simplifier l'approvisionnement en munitions.

    De nos jours cette arme est devenue très rare et sa cote aux USA dépasse les $ 3000 pour un exemplaire non modifié.

    1 - L'arme vue de profil : un saisissant contraste de couleurs et de matières, noyer brun noir, laiton doré, canon tabac. Un dessin très inspiré des réalisations françaises du début du XIXe siècle. Un américanisme notable : la grande patchbox de la crosse, héritage des 'long rifles' traditionnels. Cette boîte contenait une cheminée de rechange et quelques chiffons gras (patches). Le fusil est très solidement fabriqué, une monture en noyer rouge supportant un épais canon. Eléments de vidée très simples : cran de mire fixe monté à queue d'aronde, guidon en lame.

    Le tir sportif aux armes anciennes - Part 2

    La platine et le canon. Rond, le canon présente deux méplats latéraux sur les 15 premiers cm. La masselotte est prise de forge dans la culasse.

    Le tir sportif aux armes anciennes - Part 2

    La platine. Chien trappu, masselotte décalée à droite. On note l'Aigle américaine frappée sur la pièce. Bien visible aussi, le montage à queue d'aronde du crand de mire. Le canon est bronzé tabac alors que la platine et le chien sont jaspés. Le battant de bretelle est monté à la française sur le pontet.

    Le tir sportif aux armes anciennes - Part 2

    Le fusil équipé d'une bretelle pour une séance de tir à 100 mètres en position couché. Aussi surprenant que cela paraisse compte tenu de la rusticité de ses éléments de visée, l'arme est aussi précise tirée à bras francs à 50 mètres que couché à 100 mètres.

    Le tir sportif aux armes anciennes - Part 2

    A bientôt


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