• Une pièce exceptionnelle !

    Voici une pièce exceptionnelle, qualité musée.

    Un fusil de Grenadier modèle 1777, fabriqué en 1783 à la Manufacture Royale de St Etienne.
    Une arme quasiment neuve.


    Ces photos m'ont été confiées par mon ami Alain G. Sa collection est exceptionnelle, autant que l'étendue de ses connaissances : armes réglementaires, mais aussi manufactures, méthodes de fabrication, caractéristiques, variantes, tir, munitions ...

    Le fusil côté droit :

    Une pièce exceptionnelle !

    Le fusil côté gauche :

    Une pièce exceptionnelle !

    La platine :

    Une pièce exceptionnelle !

    L'embouchoir à vis, la tête de baguette et la bayonnette :

    Une pièce exceptionnelle !

    Le millésime du modèle sur la queue de culasse, l'année de fabrication sur le pan gauche :

    Une pièce exceptionnelle !

    Le bassinet et la lumière :

    Une pièce exceptionnelle !

    La platine, le chien, le bassinet, la batterie et son ressort :

    Une pièce exceptionnelle !

    L'intérieur de la platine, le grand ressort, la noix et sa bride, la gachette et son resort :

    Une pièce exceptionnelle !

    Une courte présentation de cette arme n'est pas inutile.

    Adopté par le Roi, l'ensemble des armes modèle 1777 est le premier système d'armes reposant sur l'interchangeabilité des principales pièces (canons, calibres, platines, montures, garnitures, pas des filetages ...) et le caractère fixé et contrôlé des dimensions et des méthodes de fabrication, qu'il s'agisse d'armes d'infanterie, de cavalerie ou de marine.

    Le système 1777 a été élaboré sous la responsabilité d'un grand serviteur de la France surtout connu pour ses canons, le Général Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval (1715 - 1789).

    Le système 1777 se compose :
    - du fusil de Grenadier ou d'Infanterie
    - du fusil de Dragon
    - du fusil d'Artillerie
    - du mousqueton de Cavalerie
    - du mousqueton de Hussard
    - du fusil de Marine
    - du pistolet de Cavalerie

    Le fusil de grenadier modèle 1777 est une arme longue, portative, à canon lisse, à mise de feu par platine à silex, à un coup. Il mesure 1,52 m et pèse 4,530 kg.
    Il porte une baïonnette à douille à 3 fentes et virole dont la lame triangulaire mesure 14 pouces (37,8 cm).

    Description simplifiée :

    Le canon
    est en fer, avec 5 pans courts au tonnerre puis de profil rond. Il est lisse, d'un diamètre de 7 lignes 9 points (17,48 mm). Il est long de 42 pouces (1,137 m). Il porte un tenon de baïonnette et un tenon en demi-lune pour l'embouchoir. Il ne porte ni hausse ni guidon. Lumière oblique plongeant dans le bassinet.

    La culasse est vissée à chaud dans le tonnerre. Elle comporte un bouchon fileté, un talon se terminant par la queue de culasse. 

    La platine à silex "à la française" est la version améliorée des platines modèle 1763, 1766 et 1774.
    Chien rond à espalet. Silex retenu par la mâchoire et le serre-pierre assuré par la vis de serre-pierre. Bassinet en laiton sans garde-feu, incliné pour permettre aux 2e et 3e rangs d'amorcer leur arme en la tenant relevée pour ne pas gêner le 1e rang.

    Batterie à retroussis recouverte d'une feuille de batterie en acier. Ressort de batterie. Noix portant le cran de repos et le cran d'armé, retenue par une bride de noix à 2 piliers. La noix porte un carré taraudé qui supporte le chien. Grand ressort agissant sur la noix par son bec. La gâchette et son ressort. La plaque de platine est "carrée" (plate) sauf sur son arrière ou elle est "ronde".
    La monture est d'une pièce en noyer, crosse "en gigue" avec un évidemment à gauche pour la joue du tireur.

    Garnitures en fer. Embouchoir à 2 bandes portant le guidon en laiton. Il est retenu par une vis butant sur un tenon en demi-lune brasé sous le canon. Grenadière et capucine retenues par des ressorts en épingle. Contre-platine ou "esse" qui reçoit les 2 grandes vis traversant la monture et retenant la platine. Sous-garde composée de l'écusson ou pièce de détente, du pontet, du battant de bretelle. Plaque de couche remontant sur le dessus de la crosse. Baguette de chargement à tête en forme de poire, bout fileté pour y visser le tire-balle.

    Le fusil modèle 1777 tire une balle ronde en plomb au calibre de "18 à la livre", c'est à dire de 16,54 mm de diamètre et pesant 27,19 g. Le vent (différence de diamètre entre la balle et le canon, permettant de charger une arme encrassée) est de 0,94 mm.
    La cartouche réglementaire est remplie, amorce comprise, d'1/40e de livre de poudre (12,24 g).
    Le silex est censé donner 30 coups.

    Performances :
    La portée "de but en blanc" est de 60 toises (120 m).
    La portée utile maximum est de 120 toises en visant 3 pieds (1 m) au dessus du but.
    Cadence de tir : 3 coups / mn (soldat entraîné)
    Vitesse initiale : 400 m/s
    Taux moyen de ratés : 1 sur 12 coups
    Taux moyen de long-feu : 1 sur 30 coups.

    Sources : Armes à Feu de l'Armée Française par le Colonel J. Martin (Troupes de Marine) édition Crépin-Leblond

    Le système 1777 et ses variantes (An IX, 1816 et 1822) restera en service jusqu'en 1840.
    Jusqu'en 1815, il sera fabriqué à plus de 2 millions d'exemplaires !
    Il sera copié partout : Belgique, Suisse, Piémont, Prusse, Russie, États-Unis, etc ...

    Encore merci à Alain !


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